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Publié : 31 janvier 2015

Le Cheval, L’Ours et le Brouch...

De la liaison du Corps et de l’Esprit, et de la Petitesse de notre Pensée.

« Dans ce passage « Phèdre » notre héros, explique qu’un blocage de vis lors du démontage d’une culasse peut vous amener à des émotions assez destructrices et en conclusion : « Il est absolument inadmissible d’être tenu en échec par une misérable vis. Vous vous heurtez en fait au grand inconnu, au vide qui est au cœur même de la pensée occidentale. Vous avez besoin d’idées et d’hypothèses. Malheureusement, la méthode scientifique traditionnelle n’est jamais parvenue à déterminer où vont se nicher ces hypothèses. Elle est parfaite quand il s’agit d’analyser et de critiquer les hypothèses déjà formulées. Mais ce n’est pas elle qui va vous dire où il faut aller. La créativité, l’originalité, l’esprit d’invention, l’intuition, l’imagination échappent à son domaine. En d’autres termes ce n’est pas elle qui débloquera vos blocages »

Robert M.Pirsig dans traité du zen et de l’entretien des motocyclettes.

Lisant le livre de Patrick Varlet : Ostéopathie somato émotionnelle, autant je suis ravi de son ostéopathie quantique, autant j’avoue, qu’il veuille bien me pardonner [1]... je suis agacé par cette façon de vouloir mettre à bas ce pauvre MRP qui, non prouvé, fait pourtant tous les jours la preuve de son efficience comme concept apte à faire avancer le corps et la tête et, même vieillot, même peut être en partie faux, il a la vertu de faire comprendre à des occidentaux obtus que nous sommes, qu’un crâne, ce n’est pas une boite immobile. Agacé aussi par cette façon de toujours vouloir se raccrocher à une science censée être l’étalon de toute forme de pensée alors que depuis longtemps elle a vendu son âme aux marchands du temple. Et qu’ajouter le mot quantique après ostéopathie ne suffit pas à prouver scientifiquement quoi que ce soit, même si par ailleurs je vis tous les jours ce dont il est écrit dans ce livre et qu’effectivement le corps est une onde, un champ avant d’être matière et qu’il faudra bien un jour en tenir vraiment compte dans nos universités. On en est loin. Alors vive l’ostéopathie quantique à utiliser avant même qu’elle soit peut être un jour prouvée, mais vive le MRP [2] prouvé ou non parce qu’il est didactique et vive une science qui arrête de frapper d’hérésie toute pensée iconoclaste.

D’ailleurs un petit détour par le dictionnaire s’est imposé pour ce dernier terme :

Hérésie :

- Étymologie : Dérivé du lat. haeresis, qui vient du terme grec traduit par choix, opinion, dérivé du verbe grec signifiant prendre.
- devenu : Opinion fausse, en matière de foi, condamnée dans les formes prescrites par l’Église.
- Par extension et familièrement, doctrine, maxime en opposition avec les idées reçues. Une hérésie en littérature, en médecine.

Cela prête quand même à sourire (ou à pleurer...) qu’un terme qui signifie : choix, opinion, soit devenu un terme péjoratif y compris dans le milieu médical.

Aussi, souvent en opposition avec les pensées de mes pairs, je me vois endosser le nom d’hérétique en fait avec plaisir.

Car j’affirme le devoir de choix de chacun à pouvoir regarder la santé et le corps avec son regard, indépendamment de la mode qui voudrait que l’on n’enseigne que ce qui a été démontré avec les critères étroits de la Science matérialiste (d’ailleurs, si on arrête d’enseigner le MRP pour cette raison, l’ostéopathie quantique n’est pas prête non plus d’être enseignée aussi plaisante qu’elle soit).

Bref, cette introduction pour amener en fait une consultation somato émotionnelle vécue hier, qui ne peut pas se comprendre avec un langage vétérinaire, ni avec un langage ostéopathique "scientifiquement correct ".
Aussi je ne vous la décrirai pas en tant que véto, que je ne suis pas à ce moment là, ni comme ostéopathe, que je ne suis pas non plus. Je vous la décrirai en tant que Brouch. Dans les Pyrénées, le brouch (El Brujo en espagnol), c’est le sorcier.

Et oui en Ariège, on a brûlé les derniers Cathares à Montségur, hérétiques s’il en est pour extirper la mauvaise pensée à la racine. De même des générations de paysans ariégeois sont venus à bout de l’ours pour ôter le danger inhérent à la nature et assurer le calme à leurs troupeaux...

Aussi, invité à faire un "contrôle" ostéopathique sur Llanos, cheval castillonais, me voici dans une grange exiguë et sombre, comme la montagne ariégeoise les a façonnées (avec un grenier de la taille à engranger le foin du pré d’à côté et dessous la quantité de bêtes pour manger ce foin là en un hiver).

La consultation démarre classiquement maintenant avec une recette bien éprouvée, les mains posées parcourant et lisant les tensions corporelles avec un peu des vibrations du chant diphonique pour détendre encore plus l’animal et ses tissus.

Tout se passe bien, calmement avec un cheval dont les yeux papillonnent....

Quand....

Tout à coup ma main se pose à hauteur de la transition thorax / abdomen (D18/L1) et là se retrouve devant moi une bête affolée qui se tourne pour me botter, qui quand je lui attrape le licol se cabre pour m’écraser, qui me pousse contre le mur me marche sur les pieds....

Bref la cata....

La fuite, sortie de box en accéléré.... non surtout pas, faire tenir le cheval par la longe fermement pour qu’il ne se retourne pas et travailler la zone au plus vite...

Au plus vite, oublier toute idée de test quantitatif ou qualitatif, toute idée de sciences et de répétabilité... Il faut la solution, faire confiance à ses mains et rentrer pile dans la phrase de Pirsig mise en chapeau de l’article... dans l’intuition, celle qui désarme nos scientifiques et qui pourtant fait le régal de nos consultations...

Mais ne nous égarons pas, je suis en mauvaise posture !!

Les mains qui sentent et qui voient ( de Rollin Becker)... la solution arrive... surrénale droite - vide par excès de peur, il faut la remplir. Quelques mots venus d’on ne sait où .... peu importe. Il suffit d’appliquer, instantanément le cheval se calme et s’endort quasiment. sauvé !!

La fin de la consultation redevient facile et rapide après ce gros coup de chaud.

Mais, alors, il est temps de demander les antécédents de ce cheval qui est arrivé il y a seulement quelques temps dans cette maison, qui est calme habituellement, monté et qui va bien !!!

- Quelle a été la vie de ce cheval avant d’arriver chez vous qui lui a donné une peur bleue ?
- Ah, mais on ne vous l’avait pas dit... il y a quelques années Llanos a été attaqué par un ours (ceux qu’on a réintroduit...) qui lui a mangé une partie des muscles de l’inter-ars....

Nous venions donc d’assister à une belle libération somato-émotionnelle, de celles dont parle Patrick Varlet et Upleger avant lui.... avec un cheval, eh bien c’est chaud de jouer le rôle de l’ours quand il vous ressert sa peur panique de l’instant.

Mais merci l’intuition de donner la solution à la main.

Peu importe que ce ne soit pas démontré... ce fut réel et la consultation validée par l’historique de l’animal. Aucun doute à avoir.

Alors plutôt que de dire : ce n’est pas démontré, pas enseignable... pas répétable, même si des cas semblables m’ont été servis maintenant des dizaines de fois.... si on essayait de voir ce qu’il y a dessous messieurs les scientistes, ce serait plus scientifique, plus productif, non ?

Le corps comme mémoire, comme archive de l’émotion... belle hypothèse non ?

Alors, merci Llanos, pour cette leçon.

Pour ma part, je continue bien volontiers à jouer les hérétiques, car je suis bien convaincu, le somato-émotionnel c’est du solide... et convaincu d’avoir vidé un peu cette bombe qui pouvait se déclencher à tout moment dans une balade en montagne avec une adolescente sur le dos... un simple cerf et l’affolement... de l’ours qui revient.

Pour votre part messieurs les chercheurs, à vos budgets... Et si la recherche qui se privatise n’y trouve pas d’antidépresseurs à vendre, qui paiera ? qui prouvera ? pour que ces idées acquièrent leur droit de cité....

Et si étaient là les vrais enjeux du moment dans le débat sciences contre obscurantisme ?

La science a perdu sa neutralité et donc son droit à dire ce qui est ... je le crois.

Donc en attendant que vous nous ayez officiellement validé les MRP, les champs morphiques et autres auras... nous les utiliserons parce que c’est efficace. Et que le soin c’est avant tout du pragmatisme où le thérapeute a perdu sa qualité d’observateur pour rentrer dans le système qu’il est censé faire bouger. N’imaginez même pas que vous puissiez faire autrement cela introduit un biais énorme dans vos raisonnements.

Voir en ligne : Dans l’ostéo4pattes.

Notes

[1c’est un agacement bienveillant

[2avec M = mécanisme dans ce cas, mais vous trouverez aussi M= mouvement qui nous rapproche des propos de Patrick Varlet